Solidarité : Les bonnes affaires du don
Chaque année en France, 4 milliards d’euros de produits non alimentaires invendus s’accumulent. Pour écouler ces surstocks, un “marché” s’est organisé, animé par des associations, mais aussi par des entreprises commerciales.
(…) Mais la logique de ces intermédiaires privés, qui se rémunèrent sur la défiscalisation, est critiquée par les ONG, qui exercent cette activité sur un modèle non mercantile. « On assiste à une sorte de marchandisation du don », déplore Romain Canler, le directeur de l’Agence du Don en Nature (ADN), pionnier et principal acteur français de ce type d’activité.
Créée en 2008, l’ADN est en effet une association à but non lucratif qui distribue des produits de première nécessité afin de lutter contre la précarité, tout en limitant le gaspillage. « Contrairement aux entreprises commerciales, notre vocation n’est pas de rendre service aux entreprises, insiste Romain Canler. Nous partons des besoins de terrain des associations, plutôt que des surstocks à écouler. » Aussi, l’agence se sent libre de refuser 20 % des produits proposés, car ils sont non utiles, pas fonctionnels ou de trop mauvaise qualité. (…)
Par Dominique Nora – Nouvel Obs n°3200 – 15/01/2026