5,2 millions de protections pour lutter contre la précarité menstruelle

En France, la précarité menstruelle touche 1 femme sur 3. Pour répondre à cet enjeu de santé et de dignité, l’Agence du Don en Nature (ADN), soutenue par la Direction Générale de la Cohésion Sociale (DGCS), a déployé entre octobre 2025 et mars 2026 une opération de solidarité nationale. Ce programme nous a permis de distribuer gratuitement plus de 5,2 millions de protections périodiques. 

Une logistique solidaire pour un accès gratuit aux protections d’hygiène

Pour répondre aux besoins, nous avons coordonné l’achat de serviettes périodiques de qualité auprès de Naturopéra, complété par des dons de culottes menstruelles des marques Intimy Care et Saforelle. L’ensemble des commandes a ensuite été préparé au sein de notre entrepôt-école, qui accompagne des personnes éloignées de l’emploi.

L’opération a bénéficié à 460 associations partenaires à travers 69 départements, permettant de soutenir 73 600 femmes. Pour maximiser l’impact social, nous avons mis en place la gratuité des frais de transport. Ce choix fort a permis aux structures de terrain de réaliser au total une économie de 1 731 083 €, allégeant ainsi leur budget de fonctionnement.

Samir, qui fréquente l’association Intermèdes Robinson, souligne l’importance de ce coup de pouce : 

« Vous me soulagez un peu des frais, j’aurais aimé ne pas demander. Mais bon merci quand même pour les brosses à dents, le dentifrice et aussi pour les culottes hygiéniques. » 

Chiffres de l'opération

Le dispositif a bénéficié en priorité aux structures qui accompagnent les personnes les plus exposées à la précarité : les épiceries sociales (33 %) et les centres d’hébergement (29 %), mais aussi des accueils de jour ou des foyers de l’enfance. En s’appuyant sur un réseau d’associations partenaires soigneusement sélectionnées et accompagnées, ADN garantit une redistribution fiable, traçable et adaptée aux besoins des personnes en situation de précarité matérielle.

Jacqueline Castany, vice-présidente de Gynécologie Sans Frontières, confirme l’importance de ce soutien :

« Notre ONG vous a commandé des serviettes hygiéniques et des préservatifs pour un foyer logement. C’est merveilleux de rendre ce service d’achats à prix réduits et nous vous en remercions. » 

Transformer le don de protections en levier d’accompagnement social 

Sur le terrain, la remise de protections périodiques est bien plus qu’une aide matérielle : c’est un véritable « brise-glace » pour les travailleurs sociaux.

Au sein du CHRS Regain, Laurent Savio explique que ce geste permet d’ouvrir le dialogue sur des sujets de santé souvent tabous :

« On a questionné une dame qui ne prenait plus de serviettes et on s’est rendu compte qu’elle était en état d’aménorrhée depuis 5 semaines, elle s’est testée et elle était enceinte. On l’a orientée vers le planning familial qui l’accompagne maintenant. » 

L’accès à ces produits essentiels est également une condition de l’autonomie des plus jeunes.

Odette Faupoint, directrice chez les Apprentis d’Auteuil, observe que la mise à disposition de protections fiables et gratuites évite l’isolement des adolescentes placées en maisons d’enfants à caractère social (MECS) :

« La disponibilité des protections menstruelles permet non seulement de répondre à un besoin matériel essentiel, mais aussi de réduire les situations d’inconfort, d’embarras ou d’isolement et de lutter contre l’autocensure, car certaines jeunes n’osent pas toujours demander ce type de matériel. » 

Enfin, la gratuité totale des protections lève un frein majeur pour les femmes les plus démunies.

Joachim Reynard, responsable d’Esperer 95, rappelle que sans ces dons, beaucoup de femmes sont contraintes d’utiliser des protections de fortune inadaptées, mettant en péril leur santé. Fatima, accompagnée par une structure partenaire, confie que ce soutien est précieux :

« Vraiment merci beaucoup pour les culottes et protections hygiéniques que l’association nous donne. Ce n’est pas évident d’en acheter tout le temps, toi-même tu connais ma situation. » 

Sensibiliser et pérenniser la lutte contre la précarité hygiénique

L’opération s’inscrit aussi dans une démarche durable avec la distribution de 26 140 culottes menstruelles de la marque Intimy Care par Juvasanté et Biocodex de Saforelle. Ces protections réutilisables offrent une solution écologique et économique sur le long terme.

Alison, 12 ans, témoigne de leur simplicité d’utilisation :

« Les culottes sont souples, simples à enfiler et confortables. Je les passe sous l’eau et après en machine et elles ne bougent pas. »

Pour une bénéficiaire de l’association U2AF54, disposer de ces modèles est une opportunité réelle de passer au lavable, un investissement souvent inaccessible en temps normal. 

L’impact de l’opération dépasse la simple distribution grâce à un travail de sensibilisation sur les tabous liés aux règles. Nous avons ainsi formé nos équipes et nos bénévoles en partenariat avec l’association Règles Élémentaires. Cette démarche nous permet d’être au plus près des préoccupations des partenaires associatifs lors des échanges quotidiens. Le Planning Familial 49 note d’ailleurs que la gratuité des produits crée un « bouche-à-oreille » positif : des femmes viennent pour les protections et découvrent, à cette occasion, l’ensemble des services de prévention et de santé à leur disposition. 

ADN réaffirme ainsi son rôle de pont entre les entreprises engagées et le secteur associatif. En facilitant l’accès aux produits, nous permettons aux structures sociales de se consacrer pleinement à leur mission d’accompagnement. L’objectif final est de transformer chaque don matériel en un levier d’inclusion globale, où l’accès à l’hygiène n’est plus un combat mais un droit garanti pour chaque femme, quel que soit son parcours. 

Un impact durable contre la précarité menstruelle 

En alliant éthique logistique et proximité de terrain, l’opération que nous avons menée avec la DGCS marque un tournant dans la lutte contre la précarité menstruelle. Ce succès nous encourage à poursuivre nos efforts pour que l’hygiène et la santé des femmes ne soient plus jamais sacrifiées sur l’autel de la précarité.